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Etude UCL sur les motivations des homophobes
L’homophobie a-t-elle un fondement moral ou est-elle intrinsèquement immorale ? Vassilis Saroglou, professeur UCL, a examiné et répondu à cette question et d'autres, au travers de deux récentes études.
Autres questions à laquelle Vassilis Saroglou, responsable du Centre de psychologie de la religion de l'UCL, en collaboration avec deux doctorantes UCL (Joanna Blogowska et Csilla Deak), s'est intéressé : l’homophobie religieuse est-elle anodine ou peut-elle mener à de l’agression physique ? Et ceux qui sont contre l’homoparentalité le sont-ils par souci altruiste de protection des « vulnérables » (enfants) ou par moralité typiquement conservatrice ?
La première étude a été développée via des techniques expérimentales, en laboratoire. Concrètement, Vassilis Saroglou et son équipe ont mis en situation des volontaires afin de recréer des sentiments liés à la psychologie de l’agression. Il était bien entendu impossible de tester en laboratoire des agressions physiques. Les chercheurs ont donc mesuré la présence d’une agression, de manière indirecte, en incitant les participants à donner de la sauce piquante à une cible hypothétique et en observant la quantité donnée par ces participants en fonction du statut de la cible. Cette stratégie de recherche est importante pour examiner si des préjugés et des stéréotypes au niveau cognitif se traduisent effectivement dans des actes d’agression physique. Les chercheurs UCL ont trouvé que plus les participants étaient croyants, plus ils avaient tendance à montrer de l’agression envers une cible prétendument gay qui estimait que la défense des droits des homosexuels était une avancée sociale importante. L’étude montre donc que la religion pousse à haïr non seulement le péché mais également les auteurs de ce péché. La deuxième étude a examiné l’argument néo-conservateur contre l’homoparentalité qui tend à mettre l’accent sur le besoin de protection du bien-être des enfants, supposés victimes de cette situation. Les chercheurs UCL ont examiné si la réprobation de l’homoparentalité était basée sur des préoccupations morales relatives au souci d’autrui ou si elle était basée sur des préoccupations morales conservatrices. Il s’est avéré que seule la moralité conservatrice et rigide prédisait l’opposition à l’homoparentalité. Aucun effet des attitudes ou valeurs empathiques sur le rejet de l’homoparentalité n’a été trouvé, y compris parmi ceux qui justifient leur rejet par des arguments du type « protection des enfants ». L’une de ces études vient d’être acceptée pour publication dans la meilleure revue internationale en sciences sociales des religions : Journal for the Scientific Study of Religion.
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26/04/2013
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