|
L'impact de certains réseaux du cerveau sur l'autisme
Des chercheurs du Boston Children’s Hospital et de l’UCL ont découvert des différences structurelles dans les connexions cérébrales des enfants atteints d’autisme.
Cette étude, qui vient d’être publiée dans la revue BMC Medicine, permet de mieux comprendre certains comportements liés à l’autisme. « Nous avons examiné le réseau de connectivité du cerveau dans son ensemble, du point de vue de sa capacité à traiter et à transférer l'information », explique Jurriaan Peters, neurologue du Boston Children’s Hospital, et co-auteur de l’article avec Maxime Taquet, doctorant à l’UCL et chercheur invité à la Harvard Medical School. « Ce que nous avons découvert pourrait changer la façon dont nous observons le cerveau des enfants atteints d’autisme. »
Concrètement, les chercheurs ont analysé les enregistrements cérébraux (EEG) de deux groupes d'enfants autistes : 16 enfants atteints d'autisme classique et 14 enfants dont l'autisme est lié à un syndrome génétique connu sous le nom de sclérose tubéreuse de Bourneville. Ils ont comparé ces enregistrements avec les EEG de deux groupes de contrôles, 46 enfants neurotypiques sains et 29 enfants atteints de sclérose tubéreuse mais non d'autisme. Un réseau cérébral qui favorise les connexions à courte distance au détriment des connexions à plus longue distance semble compatible avec le profil cognitif classique de l’autisme, à savoir un enfant qui excelle dans des tâches spécifiques mais qui ne peut pas réaliser des tâches nécessitant l’intégration d’informations provenant de différentes zones du cerveau. L’analyse de réseau permet aussi d’analyser la résilience. Dans le contexte des réseaux cérébraux, la résilience est la capacité du cerveau à trouver de multiples façons de transférer de l’information d’un point à un autre, à travers de multiples voies redondantes. « De la même façon que l’on peut voyager de Boston à Bruxelles, même lorsque l’aéroport de London Heathrow est fermé, l’information continue à être transférée, quoi qu’il arrive, dans les cerveaux des patients atteints d’autisme », explique Maxime Taquet. « Dans un tel réseau, aucun centre ne joue un rôle spécifique et le trafic peut circuler à travers de nombreuses routes redondantes ». Cette redondance est en accord avec l’observation au niveau cellulaire et moléculaire d’une diminution, chez les enfants atteints d’autisme, de l’« élagage » des connexions du cerveau qui se produit pendant le développement neurologique. L’étude a montré que les deux groupes d’enfants atteints de sclérose tubéreuse ont une diminution globale de connectivité, alors que seuls ceux atteints d’autisme présentent une augmentation de connexions locales et une diminution des connexions à longue distance.
|
15/03/2013
|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||