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Décret Marcourt: la vision de l'UCL
Ces dernières semaines, l’avant-projet de décret du Ministre Marcourt a suscité le débat. Pour l’UCL, il entrave la liberté d’association et l’autonomie des universités et, in fine, ne sert pas l’intérêt des étudiants.
La position de l’UCL est claire: toute réforme de l’enseignement supérieur doit viser à renforcer la qualité de l’offre d’enseignement supérieur, doit augmenter l’accessibilité de l’enseignement supérieur (ES) à tous les étudiants motivés et compétents, et doit pouvoir s’inscrire dans un contexte de développement et collaborations internationales. L’avant-projet de décret proposé par le Ministre Marcourt va à l’encontre de ces objectifs. D’une part, il met sous tutelle toutes les universités et les établissements d’enseignement supérieur en imposant une académie unique, qui ne se contente pas de coordonner ou réguler les universités, mais s’érige en établissement public d’enseignement supérieur. Le pouvoir public ne serait plus régulateur/subsidiant, mais deviendrait ainsi organisateur/producteur/opérateur d’enseignement supérieur. Ce basculement ouvrirait dès lors la porte à une politisation et une bureaucratisation du système au détriment d’une recherche de l’excellence basée sur la rationalité scientifique et l’autonomie des acteurs. D’autre part, il enferme les universités dans des pôles géographiques étanches qui réduisent la capacité de chaque acteur à s’associer librement, entravant la liberté d’enseignement et le développement de recherches et formations de qualité au bénéfice des étudiants et des chercheurs. Le projet prévoit que ces nouvelles structures – l’académie unique et les différents pôles géographiques – soient financées à concurrence de 3,750 millions d’euros par an. Dans le contexte actuel, cette approche doit être sérieusement questionnée ; n’est-il pas plus approprié de rediriger ces financements vers un projet pédagogique interuniversitaire qui rassemble – par exemple: en pays de Charleroi – plutôt que de les injecter dans des structures qui divisent. L’UCL reste convaincue qu’une meilleure coordination de l’enseignement supérieur est possible tout en respectant l’autonomie des institutions, en capitalisant sur les collaborations existantes et en favorisant la liberté d’association. La mutualisation des ressources et infrastructures (bibliothèques, restaurants, salles de sport…) ainsi que des services offerts aux étudiants (culture, aide sociale, service logement…) doit rester un objectif. Toutefois celui-ci relève plus de bassins de vie cohérents que de pôles géographiques dans lesquels certaines villes sont trop éloignées que pour mutualiser leurs ressources. Tout projet de réforme devrait préserver et accroitre la visibilité à l’échelle internationale de nos institutions. Ceci est indispensable pour maintenir un enseignement et une recherche de qualité, garants d’une Fédération Bruxelles-Wallonie économiquement compétitive. En créant une nouvelle concurrence entre pôles géographiques, le projet du Ministre Marcourt nie cette réalité. C’est pourquoi l’UCL continuera à mobiliser ses forces pour développer un projet qui réponde véritablement aux défis que rencontre l’enseignement supérieur, défendant ainsi l’idée d’une pensée libre, critique et sans frontières.
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10/12/2012
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