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Construire l'avenir
Cette rubrique présente le «Plan de développement» de l’UCL pour les années à venir. Un «plan», c’est-à-dire un catalogue de mesures à appliquer? Des recettes toutes faites? Des garanties de succès? Non. Le «plan» est une impulsion, une orientation, et surtout une invitation adressée à chaque membre de l’université, pour qu’il prenne part à une réflexion sur la nature et le futur de notre université, pour qu’il se sente responsable de ce futur, et participe à l’élaboration des décisions à prendre pour assurer à l’UCL un avenir aussi brillant que son histoire.
Deux décisions Quelle est la genèse de la démarche ? Les idées du Plan figuraient dans les objectifs du Conseil rectoral, et étaient en préparation. À la fin de l’année 2004, le Conseil rectoral s’est trouvé confronté à la difficulté de présenter au Conseil d’administration un budget 2005 en équilibre. Pour ne pas hypothéquer l’avenir, deux décisions ont été prises. D’une part, améliorer le budget 2005 par une réduction de l’allocation de fonctionnement et d’équipement des budgets dits «compressibles». Il est possible dès aujourd’hui de dire que cette mesure a porté ses fruits : le budget revu 2005 révèle que les comptes 2005 pourront être en équilibre, évitant à l’UCL d’entrer dans une spirale de l’endettement. D’autre part, analyser en profondeur les causes de la situation et réfléchir à des remèdes structurels, la mesure de réduction des budgets prise en 2005 ne pouvant pas être répétée les années suivantes. En effet, il est rapidement apparu que le problème auquel l’UCL doit faire face est celui de sa structure des coûts et de l’inadéquation entre charges et recettes récurrentes. Le Conseil rectoral a voulu, d’emblée, jouer la transparence: il a annoncé au Conseil académique de janvier 2005 les deux décisions, sans cacher les difficultés. La Quinzaine, dans son édition du 15 février, s’est fait l’écho de la situation pour que chacun dans l’université en soit informé. Le Conseil rectoral, à la demande du Conseil d’administration, a immédiatement entamé une réflexion sur les structures et les modes de fonctionnement de l’université. Parce que cette démarche a été annoncée, elle a créé une grande attente au sein de l’université. C’est un signe positif, qui montre que chacun souhaite participer à cette réflexion et à la définition de l’UCL de demain. Le Conseil rectoral s’est engagé à livrer le résultat de ses réflexions aussi vite que possible, au Conseil d’administration d’abord (fin mai 2005), au Conseil académique ensuite (juin 2005), à l’ensemble de la communauté universitaire enfin, par le biais de la Quinzaine.
Un plan de «développement» Il peut paraître paradoxal d’employer le terme de «développement», dans un contexte contraignant aux économies. Il faut être clair : le plan n’est pas un plan d’économies! Les économies devront être faites, la structure des coûts devra être modifiée, quoi qu’il arrive. La question est de savoir si nous voulons subir ces économies, en prenant des mesures linéaires, au risque de mettre en danger la qualité des activités de l’université, ou si nous préférons adopter une attitude positive, et prendre appui sur le contexte actuel pour nous engager dans une réflexion en profondeur sur notre université, ses missions, ses structures et son fonctionnement. Le Conseil rectoral n’a pas hésité : il a choisi la seconde voie. Elle est plus ambitieuse et plus exigeante. Mais c’est aussi la seule voie porteuse d’avenir. Compte tenu des moyens à notre disposition, quelle université voulons-nous ? Comment l’UCL sera-t-elle, demain encore, une grande université, de qualité, rayonnante en Communauté française de Belgique, en Europe et dans le monde ? La réponse ne peut pas passer par un repli sur soi, par une peur de l’avenir, en se cantonnant frileusement sur ce que nous avons toujours connu. Une institution comme l’université est toujours en évolution : c’est ce qui lui a permis de traverser les siècles, en dépit de tous les aléas de l’histoire. Il s'agit aussi de faire évoluer l'UCL dans un sens qui donne corps à l'Académie Louvain.
Quatre principes Le Plan est construit autour de quatre principes directeurs. Inscrire l’université dans l’évolution de la société : non pas de manière passive et attentiste, en subissant cette évolution et en essayant de la suivre à distance, mais de manière positive et proactive; il s’agit d’anticiper les défis, de préparer nos réponses, et de mettre l’UCL en mesure d’interagir avec la société. Mettre en place une gestion différenciée de l’enseignement et de la recherche : ces deux missions demeurent au cœur de la démarche universitaire, elles sont indissociables l’une de l’autre, et sur un pied d’égalité; pour autant, elles ne sont pas identiques. Aujourd’hui, ce sont des activités, voire des métiers, ayant chacune leurs exigences propres, qu’il s’agit de rencontrer par une gestion et des structures adéquates. Réorganiser l’administration : une organisation moderne doit se doter d’une administration clairement structurée, en lignes fonctionnelles homogènes répondant à des fonctions et à des métiers bien identifiés. Moderniser la gouvernance : une institution comme l’UCL est complexe, la gouvernance y est donc essentielle ; celle-ci doit être claire et efficace. Pour cela, le Conseil rectoral, par exemple, doit évoluer dans sa composition et ses missions vers un comité de direction. La responsabilité du Conseil rectoral est d’aider l’université à se construire un avenir ; il indique les orientations, suggère des pistes, et, surtout, inscrit l’UCL dans un processus de réflexion sur elle-même et de changement. L’UCL de demain se construit dès aujourd’hui. Ce peut être une aventure passionnante, à laquelle nous pouvons tous contribuer. C’est à cela que je vous invite, toutes et tous. Pr Bernard Coulie, recteur
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2/06/2006
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