Pouvoirs publics et santé mentale

personne triste
Deux professeurs de l'UCL, Vincent Lorant, sociologue, et Vincent Dubois, psychiatre, plaident pour une gestion plus active des problèmes de santé mentale.
Au terme d'une recherche "Dépression et facteurs de risque socio-économiques" (1992 à 1999 - un échantillon de 12 000 Belges) l'équipe de Vincent Lorant (Unité de socio-économie de la santé - Faculté de médecine) a fait quelques constats importants: des difficultés matérielles durant une année accroissent le risque de vivre des symptômes dépressifs et même une dépression grave. Une rupture ou une séparation a le même impact, en particulier chez les femmes. Enfin, une détérioration des conditions de vie a un impact plus lourd qu'une amélioration. Ce qui fait dire aux auteurs qu'un coup de pouce économique à court terme serait bienvenu pour contrer les inégalités de santé, en particulier auprès des femmes précarisées. A l'autre bout de la souffrance, la recherche menée par Vincent Dubois, responsable de la psychiatrie adulte aux Cliniques Saint-Luc, s'est intéressée aux critères qui président à la mise en observation, c'est-à-dire au soin psychiatrique imposé. Le constat est lourd: ce sont des conditions liées au système psychiatrique belge qui sont prioritaires et non l'état du patient. En outre, la privation de liberté est surtout demandée lorsqu'il s'agit de pathologies lourdes, de personnes d'origine étrangère ou de populations défavorisées. La psychiatrie ambulatoire, développée chez nos voisins, se fait attendre en Belgique. (D.H.) 

Lire le portrait "Le psychiatre et le sociologue"

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| 14/05/2007 |