Repenser la gouvernance

Pour faire face à ses défis actuels et futurs, l’université se doit d’interroger sa gouvernance. Trois principes inspirent cette réflexion: doter l’université d’une direction resserrée, identifier un niveau pertinent de responsabilité intermédiaire entre la direction de l’université et les entités de base, et organiser clairement la ligne fonctionnelle entre le vice-recteur et l’administration concernée.

1. Doter l’université d’une direction resserrée

La mise en œuvre de ce principe devrait aboutir à la constitution d’un Comité de direction en lieu et place de l’actuel Conseil rectoral. Il est bien évident toutefois que la gouvernance d’une université ne se limite pas à la mise en place d’un Comité de direction. Une réflexion concomitante sera à mener, notamment, quant au rôle et à la composition du Conseil d’administration et du Conseil académique.

Le portrait de ce Comité de direction  serait le suivant. Son trait principal doit être la cohérence et l’homogénéité. Aujourd’hui, le conseil rectoral est composé de personnes ayant des rôles et des responsabilités divers : outre le recteur, deux vice-recteurs, un administrateur-général, quatre prorecteurs de missions, un prorecteur de secteur. Niveaux hiérarchiques différents, périmètres de responsabilités différents, relations différentes avec l’administration, orthogonalité. Le rôle du recteur devient celui d’arbitre, de faiseur de cohérence, d’«intégrateur» au sein du Conseil rectoral.

Outre le Recteur qui en assurerait la présidence, il compterait huit ou neuf vice-recteurs couvrant les domaines suivants : enseignement, recherche, finances, patrimoine immobilier et infrastructures, personnel, développement de l’université, vie étudiante, relations internationales, site de Woluwé.

Les modalités de désignation des membres du Comité de direction doivent encore être discutées; quelle que soit la formule retenue, elle doit garantir cohérence, collégialité, efficacité et légitimité. Mais il va de soi que les modalités de désignation doivent découler de l’analyse des fonctions et des objectifs, et non les précéder.

Un vice-président du Comité de direction devrait être nommé parmi les vice-recteurs. Outre son domaine spécifique, cette personne aurait diverses missions particulières. Elle devrait en particulier assurer la vice-présidence du Conseil académique et assurer, au sein de l’université, une visibilité de l’autorité à l’intérieur et une fonction intégratrice.

Dans un tel contexte, le recteur serait à la fois celui qui oriente l’université vers le futur, celui qui représente l’université à l’extérieur et enfin, celui qui constitue l’ultime recours à l’intérieur.

Par ailleurs, il serait souhaitable qu’un même vice-recteur couvre à la fois les finances et le patrimoine immobilier, un grand domaine des «ressources» se dessinant ainsi. Ce vice-recteur porterait aussi le titre d’administrateur général et assurerait ainsi une fonction de type transversal.

2. Identifier un niveau pertinent de responsabilité intermédiaire entre la direction et les entités de base

La constitution d’entités d’enseignement et de recherche fait émerger l’utilité d’identifier et de structurer un niveau intermédiaire entre ces entités et la direction de l’université. Ce niveau pourrait être constitué des trois grands secteurs : sciences humaines, sciences exactes et sciences médicales.

Si l’on suit l’idée de distinguer pour les collèges d’enseignement le premier et le second cycle, chaque secteur disposerait de trois responsables (recherche, premier cycle et second cycle) dont les missions seraient notamment les suivantes :

  • représenter le secteur auprès des autorités ;
  • assurer une coordination des activités dans le secteur ;
  • avoir une responsabilité et une vision politiques pour le secteur ;
  • avoir une responsabilité dans la gestion du cadre et des carrières, et dans l’attribution des charges... ;
  • assurer une fonction d’intégration académique, en coordination avec le vice-recteur au personnel.

Mais d’autres solutions encore sont envisageables pour assurer la responsabilité des secteurs.

3. Organiser clairement la ligne fonctionnelle entre le vice-recteur et l’administration concernée

Les directions administratives doivent avoir un responsable politique, le vice-recteur du domaine, et un directeur administratif dépendant du vice-recteur. Pour chaque domaine (enseignement, recherche, finances...), une ligne fonctionnelle doit être clairement installée. Elle sera composée du responsable politique, d’un conseil lorsque cela s’indique, d’un directeur administratif et des services associés.

À titre d’exemple et pour le domaine de l’enseignement :

  • niveau «politique»: le vice-recteur à l’Enseignement
  • niveau «conseil»: le Conseil de l’enseignement et de la formation (CEFO)
  • niveau «direction administrative» : le directeur de l’Administration de l’enseignement et de la formation (ADEF)
  • niveau «services associés»: IUFC, IPM, ILV...


Le site de Woluwé

Pôle médical, le site de Woluwé recouvre aussi d’autres activités dont, de plus en plus, la présence des Hautes Écoles. Il est aussi la tête de pont de la présence de l’UCL à Bruxelles. Le site devrait être dirigé par un responsable unique, un vice-recteur de site, entouré d’un directoire qui serait composé notamment des responsables de l’enseignement et de la recherche du secteur médical, du coordonnateur des Cliniques Saint-Luc. Le vice-recteur du site de Woluwé ferait partie du Comité de direction.

| 2/06/2006 |