Le satellite belge, muni d'un spectromètre UCL, est dans l'espace

Space Situational Awareness Space Weather node full image
L’UCL a mis au point un spectromètre ayant pour objectif de mesurer le flux des particules énergétiques de l’espace, qui constituent un danger pour les astronautes et les satellites en orbite autour de la Terre.  
Cet instrument appelé EPT (Energetic Particle Telescope), à la conception révolutionnaire, permet de mesurer les flux des électrons, des protons et des ions énergétiques qui peuvent être nuisibles pour la santé des spationautes et sont parfois à l’origine des dysfonctionnements de satellites. «Ce que l’EPT apporte de plus, c’est qu’il opère une identification directe de ces particules, explique Mathias Cyamukungu, chercheur à l’UCL, et permet ainsi de prédire notamment les anomalies des satellites exposés aux radiations.» Autre avantage de l’EPT, il traite les données à bord même du satellite, ce qui permet un transfert de ces données d’une rapidité extrême.

Le principe de cet appareil résulte d'échanges fructueux entre scientifiques de l'Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique (IASB) et de l'UCL. Ces équipes ont donc décidé de mettre en commun leur expertise pour concevoir, construire et mettre en œuvre cet EPT dont le développement a commencé voici plus de quinze ans. L’électronique imaginée par les chercheurs de l’UCL est particulièrement originale puisqu’elle rassemble à la fois l’enregistrement de données brutes mais aussi leur traitement en ligne pour fournir des résultats directement exploitables transmis au sol à chaque passage du satellite au-dessus de la station de Redu. De son côté, l'IASB a travaillé sur la conseption mécanique de l'EPT, en réduisant au maximum la taille de l'instrument.

Grâce à cette collaboration, un consortium a vu le jour, réunissant l’UCL, l’IASB et QinetiQ Space avec l’appui de l’ESA (European Space Agency) et Belspo (Politique Scientifique Fédérale).

C’est la filiale belge de la firme internationale QinetiQ Space qui s’est occupée de la mise en œuvre de l’électronique de l’instrument, de la coordination du développement et de son intégration sur le satellite belge PROBA-V. Le centre B.USOC (Belgian User Support and Operations Centre), assurera conjointement avec le centre de contrôle de Redu, la transmission des données vers le Centre des radiations spatiales de l'UCL et l’IASB, pour analyses.
Ces données seront ensuite utilisées dans le cadre de la météorologie spatiale et pour alimenter certaines recherches fondamentales de l’UCL. Elles seront enfin aussi distribuées à d’autres acteurs du secteur, notamment l’ESA et une équipe de chercheurs de la NASA. Le B.USOC servira aussi de relais pour la configuration de l'instrument à bord et assurera le stockage des données traitées par les scientifiques. 

L’EPT a été lancé, ce mardi 7 mai à 4h06, depuis la base de Kourou en Guyane par Vega, le nouveau lanceur de l’ESA. Coût global du projet : 5 millions d’euros.
Ce projet est sans conteste novateur et exceptionnel puisqu’il intéresse déjà les russes et les canadiens, désireux d’acquérir un exemplaire pour leurs propres engins spatiaux.

Des informations sur les préparatifs du vol de la fusée Vega sont accessibles sur le site d’Arianespace

| 30/04/2013 |