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Une chercheuse UCL s'intéresse au désir chez les papillons
Des chercheurs de l’UCL et de l’Université de Cambridge ont découvert que le choix d’un papillon femelle de s’accoupler avec un mâle dépend de la qualité des phéromones sexuelles de ce dernier.
La chance d’accouplement du papillon mâle est souvent réduite lorsque celui-ci est consanguin. Mais comment la femelle reconnaît-elles les mâles à éviter ? Une nouvelle recherche révèle que les papillons mâles consanguins produisent considérablement moins de phéromones sexuelles, ce qui les rend moins attirants pour les femelles. Cette découverte vient d’être publiée dans le journal Proceedings of the Royal Society B.
Lorsque les animaux (et les humains) s’accouplent avec un parent, leurs rejetons sont consanguins et risquent davantage de présenter des anomalies génétiques. A cause de ces anomalies, ces mâles consanguins sont souvent plus faibles. Pour s’assurer que leurs rejetons bénéficient d’un maximum de chances de survie et de reproduction, les femelles doivent être capables de distinguer les mâles consanguins des autres. Erik van Bergen, chercheur à l’Université de Cambridge et Caroline Nieberding, professeur à l’UCL expliquent : « Fait intéressant, les traits utilisés par les mâles pour attirer le sexe opposé sont souvent très affectés par la consanguinité et peuvent être utilisés par les femelles pour reconnaître les individus consanguins. Par ex, les guppies mâles consanguins arborent des couleurs moins éclatantes ». Les scientifiques ont lâché des mâles et des femelles dans une grande cage, après avoir marqué les parties génitales des mâles avec de la poussière fluorescente de couleurs différentes chez les papillons consanguins et non consanguins. Pendant l’accouplement, la poussière a été transférée chez la femelle, et a pu être détectée plus tard avec une lampe UV. Les antennes de certaines des femelles ont été peintes avec un vernis à ongles pour les empêcher de détecter les quantités de phéromones sexuelles produites par les mâles. Pendant l’expérience, les femelles aux antennes traitées, et n’ayant donc plus d’odorat, n’ont manifesté aucune préférence et se sont accouplées de la même façon avec les mâles consanguins et les males normaux non consanguins. En revanche, les femelles aux antennes non traitées (et donc capables de sentir les différences au niveau des phéromones sexuelles) se sont davantage accouplées avec les mâles normaux non consanguins. Ces résultats indiquent que c’est la production réduite de phéromones sexuelles, et non l’état général des mâles consanguins, qui explique pourquoi ceux-ci remportent moins de succès auprès des femelles qui cherchent à s’accoupler. Caroline Nieberding ajoute : « Nous savons que la consanguinité contribue au déclin, et même à l’extinction éventuelle, des populations réduites et isolées. Il est donc intéressant de disposer de davantage de connaissances sur le processus impliqué en général. »
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12/03/2013
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