En «une»

«L'orientation, c'est l'affaire de tous»


Une page se tourne au Centre d’information et d’orientation (CIO) puisque Chantal Wouters, directrice depuis 17 ans, cède la place à Philippe Fonck. Après toutes ces années à la rencontre des jeunes, elle pose un regard éclairé sur les questions d’orientation mais aussi sur l’évolution de l’université et de la société.

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Chantal Wouters, lors d’un salon SIEP.


La Quinzaine : Vous totalisez 43 ans de carrière à l’UCL, dont 17 comme directrice du CIO. Pouvez-vous nous relater votre parcours en quelques mots?
Chantal Wouters: Je suis diplômée en sciences de gestion (ICHEC) et titulaire de l’agrégation. J’ai été engagée à l’UCL, au sein du Centre consultatif pour les études, à Leuven. L’objectif y était de renseigner les (futurs) étudiants. On y était « Informateurs ». Ensuite, le terme a évolué vers «Conseiller à l’information» puis «Conseiller d’orientation». Aujourd’hui, l’information est partout et les jeunes sont plutôt à la recherche de conseils que d’informations…

Précisément, la notion d’orientation a-t-elle évolué?
Oui. Il y a vingt ans, l’orientation relevait principalement du champ de la psychologie. Aujourd’hui, elle n’appartient à aucune profession mais bien à la personne qui s’oriente. Je pense sincèrement qu’apprendre à faire des choix est un enjeu éducationnel ! En cela, l’orientation est l’affaire de tous : élèves, parents et enseignants, même s’il faut des spécialistes de l’orientation.

Quel est le secret d’un choix réussi?
Pour réussir son parcours de vie, le jeune doit savoir ce qu’il est, ce qu’il a envie de devenir, mais aussi pouvoir s’adapter aux exigences de l’université et de la société. Il est intéressant de distinguer la réussite des parcours et la réussite des études, qui ne vont pas nécessairement de pair.

Une attention est aussi apportée à l’insertion socio-professionnelle…
Parce que comprendre les choses permet de faire les bons choix. Connaître le monde professionnel, ses attentes, ses besoins, permet de s’y adapter… en restant fidèle à ce que l’on est. Dès 1989, les autorités de l’université ont marqué leur préoccupation par rapport à cette question, en nommant une responsable «emploi» au sein du CIO. Depuis, cette mission s’est amplement développée.

Vous qui fréquentez des jeunes depuis tant d’années, trouvez-vous qu’ils ont changé?
Oui et non. Les jeunes sont toujours remplis d’idéal, d’e spo irs et d e désirs par rapport à leur vie future. Mais le temps s’est «raccourci», tout est plus immédiat. Cette vitesse laisse à penser que les réponses aux questions doivent aussi être directes. Or la matu r ation est imp ortante, le choix d’études s’inscrit dans un processus, et cela prend du temps, oui.

Et l’université, a-t-elle changé?
Oui, certainement. Elle est plus ouverte (sur les publics, sur le monde) qu’auparavant. Par contre, elle est en partie soumise à l’économie de marché (de par son mode de subsidiation, par exemple) et parfois en difficulté dans le juste positionnement à trouver, notamment avec les autres institutions. Je pense que, quoi qu’il en soit, nous avons toujours plus à gagner en collaborant avec les autres universités que l’inverse.

Propos recueillis par Julie Claus

www.uclouvain.be/cio.html
 

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Philippe Fonck est le nouveau directeur du CIO. Psychologue de formation, il est conseiller en orientation et en insertion socioprofessionnelle. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, il aura à coeur de poursuivre le développement des services du CIO en matière d’orientation et d’aide à l’insertion socioprofessionnelle.

 

 

| 31/05/2013 |