Un requin pèlerin s'offre des vacances à la Panne

requin pèlerin à la Panne
Un requin pèlerin de 2 mètres a été aperçu lundi à La Panne. L'animal est inoffensif pour l'homme. Une présence qui ravit Jérôme Mallefet, chercheur FNRS au labo de biologie marine et spécialiste des requins luminescents.
Lundi après-midi, les sauveteurs de la Panne ont bien cru assister à un remake du film « Les dents de la mer », puisqu'ils ont aperçu un aileron de requin dans les eaux belges, créant au passage la panique chez les baigneurs. Mais rassurez-vous, il ne s’agissait que d’un requin pèlerin, un animal impressionnant mais tout à fait inoffensif, qui se nourrit uniquement de plancton. Pour éviter tout mouvement de panique, le requin pèlerin a été raccompagné vers les eaux profondes.

A l'UCL, Jérôme Mallefet, chercheur FNRS au laboratoire de biologie marine, est enthousiaste car la présence de ce type de requin est très rare en Belgique. Ce spécialiste des requins luminescents* a déjà vu des grands requins blancs mais jamais de requins pèlerins.  « J'irais bien faire un petit plongeon à la mer », nous confiait-il hier après-midi après avoir appris la nouvelle. « Le requin pèlerin est le deuxième plus grand requin que l’on peut trouver. Sa taille moyenne est de 7 mètres mais il peut parfois atteindre les 10 mètres et peser jusqu’à quatre tonnes» explique le chercheur. Le spécimen aperçu ce lundi à la Côte était un jeune, il ne mesurait que 2 mètres. « On estime que la taille d'un requin pèlerin à la naissance est de 1, 4 mètres, il se peut donc que l'animal aperçu ne soit en fait qu'un nouveau-né», nous explique le Pr Jérôme Mallefet. « Le requin pèlerin atteint l’âge adulte à 12 ans. Et ce n’est qu’à partir de cet âge qu’il peut se reproduire, c’est pourquoi, il est devenu une espèce au statut vulnérable. » Les requins-pèlerin sont protégés par un règlement européen, leur vente est totalement interdite au sein de l'Union européenne.

La dernière fois qu'un tel animal avait été aperçu aux abords du territoire belge remonte au 21 octobre 2011. 
 

* Pour rappel, à l'UCL, Julien Claes a consacré son doctorat à la bioluminescence des requins au sein du laboratoire de biologie marine sous la direction du Professeur Jérôme Mallefet. Aujourd'hui, le jeune chercheur fait un post-doc en Australie. En 2011, il a été récompensé pour son travail original sur les requins bioluminescents, en particulier le sagre commun Etmopterus spinax présent dans l'est de l'océan Atlantique et la mer Méditerranée, en recevant le Prix Jeune Chercheur 2011 de la Fondation Collège de France-Daniel Jouvance, d'un montant de 4 000 euros.

| 25/07/2012 |