Bacs en psycho: vers plus de professionnalisation

La Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation s’est lancée, il y a deux ans, dans une réforme de ses bacs. Elle aboutira en septembre. Révision de la grille horaire, création de nouveaux cours et d’un référentiel d’acquis de l’apprentissage… le but est d’amener l’étudiant à réfléchir à son projet professionnel. Rencontre avec Olivier Corneille, président de la commission de programme des bacs.

 
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Olivier Corneille:
«L’étudiant n’est souvent pas assez
acteur de sa formation. On va l’aider à construire son projet.»

La Quinzaine: Qu’est-ce qui vous a motivé à repenser vos programmes?
Olivier Corneille:
Nous avons décidé d’anticiper une évaluation de l’AEQES (l'Agence pour l'Évaluation de la Qualité de l'Enseignement Supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles) prévue en 2015. Il n’y avait pas eu de réforme de programme, en bac, depuis 2004. Nous l’avons centrée sur les «acquis de l’apprentissage», le profil de l’étudiant à la fin de ses études. On a mis deux mois à se concerter entre collègues pour les définir. Ensuite, nous avons revu notre dispositif d’enseignement, c’est-à-dire notre programme (cours, évaluation…) pour les trois années. En septembre, les bacs 1 démarreront leur année dans le cadre du nouveau programme; et la réforme se mettra progressivement en place d’année en année, jusqu’en master.

Quelles sont les grandes lignes directrices de cette réforme ?
Le programme actuel manquait de coordination et de lisibilité. Pourquoi tel cours est-il donné à tel moment? Y a-t-il des redondances et des lacunes entre les matières enseignées ?... On a vraiment boulotté, pendant un an, pour injecter plus de cohérence dans tout ça. Des enquêtes auprès des étudiants et des professionnels ont montré certains manques et mécontentements. En bacs 1 et 2, par exemple, vu le nombre d’étudiants, 86% des évaluations se font par QCM. Les étudiants ont, par ailleurs, peu de contacts avec des professionnels ; ils arrivent en master sans savoir quels sont les métiers auxquels ils peuvent prétendre. Ces constats nous ont amenés à revoir toute l’architecture du programme. En fonction de nos moyens bien sûr…

Comme d’autres facultés, vous accueillez de plus en plus d’étudiants les 1ères années…
Effectivement. Près de 3000 étudiants fréquentent la Faculté, dont 500 en première année. Nous sommes 36 professeurs équivalents temps plein, dont seulement une vingtaine à plein régime. On a dû faire avec nos ressources… en les rationnalisant, en les réorientant. Par exemple, le cours de statistiques demandait beaucoup de ressources en bac, pour des acquis décevants en master. On a repensé ce cours et créé un projet d’elearning. Cela a permis de dégager du temps, chez certains assistants, pour organiser, par exemple, davantage d’examens écrits.

Y aura-t-il de nouveaux cours ?
Oui. En bac 1, notamment, un cours d’économie et un autre de droit. Ce sont des bases importantes pour la professionnalisation du métier. Notre volonté est d’insuffler un esprit entrepreneurial très tôt chez nos étudiants. Pendant 3 ans, l’étudiant devra également construire un «projet individuel». C’est une nouvelle activité. Il s’agit de l’amener à se poser des questions sur sa formation, ses choix… L’étudiant n’est souvent pas assez acteur de son projet de formation. On va l’aider à se construire un projet personnel, professionnel. L’idée est aussi de mieux l’informer sur le contenu des cours, les prérequis, les exigences
de nos formations… Car nos exigences ont été revues à la hausse.

Comment avez-vous fait pour tout organiser?
On en a énormément discuté, dans les instances officielles de la Faculté et au sein de groupes à tâche (par année et transversaux). On a organisé aussi quelques journées au vert. Sans l’implication et la concertation de tous, cela n’aurait pas pu aboutir. C’était en fait un assez bon moment pour le faire, avec l’arrivée de toute une génération de nouveaux professeurs.

Propos recueillis par Alice Thelen 

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