Le job d'« étudiant-moniteur »

Aujourd’hui en seconde licence d’ingénieur civil option mathématiques appliquées, Samuel Melchior exerce pour la deuxième année consécutive le rôle d’étudiant-moniteur auprès de ses condisciples des années inférieures. Une expérience enrichissante sur plus d’un point.
Peux-tu nous expliquer plus en détails en quoi consiste le rôle d’ « étudiant-moniteur » ?
 
La Faculté des sciences appliquées a instauré depuis quelques années, le principe de la participation d’étudiants à l’encadrement des activités pédagogiques.
Les étudiants pratiquant cet encadrement sont appelés « étudiants-moniteurs ». Pour pouvoir accéder à cette fonction, l’étudiant doit être inscrit dans un second ou troisième cycle d’études et démontrer une aptitude suffisante dans la discipline dans laquelle il souhaite être moniteur.

Comment es-tu devenu étudiant-moniteur ?

En fin de deuxième candidature, tous les étudiants ont reçu un e-mail expliquant le job d’étudiant-moniteur. Je me suis senti interpellé et intéressé par cette fonction. J’ai donc postulé dès le début de ma première licence pour différents cours dans lesquels je me sentais à l’aise. Très vite, j’ai reçu une réponse positive de la part du professeur-titulaire du cours de physique et je suis donc devenu « étudiant-moniteur » en physique.

As-tu reçu une formation dans ce but ?

Avant le début du quadrimestre, nous avons assisté à une formation donnée par un membre de l’Institut de pédagogie universitaire et des multimédias (IPM). Pendant une journée, celui-ci nous a expliqué en quoi consistait le rôle d'étudiant-moniteur et comment nous devions nous comporter vis-à-vis des groupes que nous allions animer. En tant que moniteurs, nous ne disposions pas d’un statut de « professeur ». Nous devions donner cours et encadrer des étudiants légèrement plus jeunes que nous, voire même de notre âge pour les bisseurs. Il s’agissait donc d’avoir les bonnes clés en main pour se faire respecter !
Je me souviens par exemple que notre animateur a souligné l’importance des 15 premières minutes du premier cours. En effet, c’est à ce moment là que les étudiants se créent l’image quasi définitive de leur tuteur.

Et au cours de l’année, étais-tu encadré ?

Bien sûr. Tout au long du quadrimestre, nous avions deux à trois réunions par mois avec nos professeurs-titulaires afin d’évaluer la situation et de recevoir les consignes et exercices que nous allions devoir donner aux étudiants. Nous étions très bien encadrés.

Concrètement comment les choses se sont-elles déroulées avec les étudiants ?

Lors de la première année, j’étais responsable d’un groupe de 24 étudiants pour le cours de physique. J’encadrais des séances d’exercices théoriques ainsi que des laboratoires. La veille de mon premier labo, j’étais très angoissé mais grâce aux préparations effectuées antérieurement avec tous les autres étudiants-moniteurs et les professeurs-titulaires, tout s'est bien passé. 
Le contact avec les étudiants fut positif et particulièrement enrichissant. Ces derniers étaient vraiment motivés et me posaient mille et une questions! Cette année, je suis responsable du cours de mathématiques et donne deux fois par semaine la même séance à un groupe de 24 étudiants. Encore une fois, tout se passe de façon très positive.

Qu’as-tu retiré de cette expérience ?

Enormément de choses. Le fait d’être étudiant-moniteur est enrichissant sur plus d’un point !
Tout d’abord, le fait de devoir expliquer des concepts, que l’on connait déjà pourtant, nous permet de les approfondir et de les concevoir différemment.
Ensuite, nous devons apprendre à devenir pédagogue. En effet, ce n’est pas parce qu’une formule ou une théorie est claire ou évidente dans notre tête que les étudiants comprennent ce qu’on leur raconte.
De plus, le contact entre les étudiants-moniteurs et les professeurs-titulaires est souvent excellent et peut constituer un avantage lors de la réalisation de notre mémoire puisque ceux-ci nous connaissent déjà.
Les liens établis avec nos « élèves » est également très enrichissant car nous ne sommes pas dans une relation hiérarchique.
Enfin, l’aspect financier constitue un atout non négligeable car il nous permet de joindre l’utile à l’agréable. En effet, les étudiants-moniteurs reçoivent une rémunération en fonction des heures prestées.

Interview réalisée par Florence Jaspart, étudiante en communication, orientation relations publiques et communication d'organisation.

 

 


 

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| 27/11/2006 |