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Anthrax, contamination alimentaire et biopesticide
L'UCL organise, du 7 au 11 août, à Bruges, un congrès international consacré à trois bactéries, Bacillus anthracis, B. cereus and B. thuringiensis: le Bon, la Brute et le Truand.
C'est dans la cité médiévale de Bruges que l’équipe du Pr Jacques Mahillon (Faculté d'ingénierie biologique, agronomique et environnementale/Earth and Life Institute/Applied Microbiology) organise, du 7 au 11 août, un congrès international, Bacillus-ACT 2011.
Le saviez-vous ? Bacillus anthracis, agent causal de la maladie du charbon, appartient à une famille bien particulière, celle de Bacillus cereus sensu lato, où se côtoient le pire et le meilleur ! Il y a d’abord le Bon, Bacillus thuringiensis, encore appelé bacille de Thuringe (la région d’Allemagne où il fut découvert en 1915). Cette bactérie est active contre les larves de certains insectes (elles sont dites entomopathogènes). Pour certaines souches, les cibles sont les larves d’insectes ravageurs de cultures. Pour d’autres, ce sont les larves de moustiques et de simulies, tous deux des diptères vecteurs de maladies importantes comme la dengue, la fièvre jaune ou encore la malaria. C’est de loin le premier biopesticide actuellement commercialisé. Et puis, il y a la Brute, Bacillus cereus sensu stricto, un contaminant alimentaire, parfois mortel, mais aussi responsable d’infections nosocomiales contractées en milieu hospitalier. Des variants, connus sous le nom de Bacillus weihenstephanensis, sont même capables de se développer dans un environnement froid, par exemple dans un frigo mal réglé ! Et enfin, il y a le Truand, spécialisé dans des infections cutanées, gastro-intestinales ou, pire encore, pulmonaires: B. anthracis, responsable de la maladie du charbon ou anthrax. Ces bactéries sont très proches génétiquement et ne se différencient que sur base de leur pathogénicité propre. Est-il possible, par exemple, qu’elles puissent s’échanger des informations (gènes) leur permettant de transformer un Bon en une Brute sanguinaire, ou en un Truand meurtrier ? C’est pour répondre à ce type de questions, et bien d’autres, que plus de 200 scientifiques se retrouveront à Bruges pour tenter de percer les secrets de cette étrange famille bactérienne.
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3/08/2011
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