De gauche à droite: Jolan, Xavier, Cédric, les étudiants bioingénieurs,
Patrick Bogaert et Emmanuel Hanert, les professeurs qui ont encadré le projet.
C’est une première à l’UCL. Des étudiants en master bioingénieur ont réalisé un bilan carbone de l’institution. L’objectif ? Créer un outil permettant de comparer année après année, la consommation énergétique de l’UCL et in fine, diminuer son empreinte écologique.
Les questions environnementales occupent une place prépondérante dans la société. Les normes environnementales évoluent et deviennent de plus en plus strictes. Comme toute autre entreprise, l’UCL n’échappe pas à la règle: elle doit réduire ses émissions de CO2 dans les années à venir. Pour ne pas dépasser les quotas établis par l’Union européenne.
Première étape dans ce processus, établir un bon diagnostic de la situation actuelle. Comment? En chiffrant les émissions de gaz à effets de serre produites par l’université dans son ensemble pour les sites de Louvain-la-Neuve et de Woluwe. Dans cette optique, 5 étudiants en dernière année de master bioingénieur ont tenté de dresser un état de la situation. Cécile, Cédric, Mathias, Xavier et Jolan viennent de trois disciplines différentes (chimie, agro et environnement). Grâce à ce projet, réalisé en accord avec la Task Force Développement Durable de l’UCL, «ils ont pu mettre les mains dans le cambouis et être plongés dans une véritable mise en situation professionnelle», commente Emmanuel Hanert, un des professeurs qui les a encadrés. Les étudiants ont donc récolté un tas d’informations chiffrées en se focalisant sur les principaux postes émetteurs de CO2 tels que le chauffage et l’électricité, les transports du personnel et des étudiants, le traitement des déchets et le papier consommé. Des données disponibles et connues dans la plupart des cas qu’il a ensuite fallu analyser en s’inspirant des méthodologies utilisées dans d’autres universités. Car à l’UCL, rien de semblable n’avait été fait auparavant.
Chauffage et électricité, les bêtes noires
Les résultats de cette étude sont sans surprise. Les émissions totales de CO2 de l’UCL représentent 43803 tonnes d’équivalents carbone pour 2009, un chiffre comparable à celui obtenu dans d’autres universités. Les principaux postes responsables sont: le chauffage et l’électricité, suivis par les déplacements du personnel et des étudiants et, loin derrière, la consommation de papier.
Face à ce constat, les futurs bioingénieurs ont proposé plusieurs pistes pour réduire l’empreinte carbone, en se focalisant sur les moyens qui auraient le plus d’impacts. Ils suggèrent une meilleure isolation des bâtiments, des économies d’énergie en matière de chauffage et une plus grande utilisation des transports en commun tant par le personnel que par les étudiants.
Notons que certaines de ces pistes sont d’ores et déjà mises en place à l’UCL: «l’université est en recherche constante d’économies d’énergie, que ce soit dans ses projets immobiliers avec le placement de doubles vitrages, l’isolation des parois, la mise en oeuvre de luminaires plus économes, ou plus simplement, en encourageant l’utilisation du vélo ou en remboursant une partie des frais de transports en commun du personnel, rappelle Raymond Docq, le "Monsieur énergie" de l’institution. Il cite aussi la nouvelle cogénération, «qui, à elle seule, a déjà engrangé une économie de 2800 tonnes de CO2 par rapport aux émissions des installations de référence.» Pour les années 2011 à 2013, les investissements économiseurs d'énergie prévus s'élèvent à 6,85M€. Preuve que l’université a une véritable politique de réduction de ses émissions de carbone.
Ophélie Luciano