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Pôles d'attraction universitaire: un outil remarquable
Les experts indépendants qui ont évalué les PAI saluent la qualité de ce programme de financement de la recherche fondamentale. Le gouvernement en affaires courantes doit, d'urgence, décider d'assurer son avenir.
Un audit indépendant, auquel 176 experts étrangers ont apporté leur concours, indique que le programme de recherche fondamentale désigné sous le vocable PAI - pour Pôle d'attraction universitaire - est en tous points, remarquable. Les experts sont en effet unanimes pour caractériser leur valeur ajoutée: les PAI constituent une niche unique pour le financement de la recherche fondamentale entre régions et équipes interuniversitaires; ils sont un tremplin vers des projets européens et internationaux; ils permettent d'éviter la redondance et assurent la formation de générations de chercheurs. S'ils identifient aussi quelques points faibles -nombre de réseaux trop élevé, leadership parfois trop faible-, ceux-ci pourraient être corrigés.
Or, le patron de la Politique scientifique, Philippe Mettens, l'a rappelé hier: cet outil est menacé puisque la sixième phase de ce programme arrive à son terme le 31 décembre 2011. Le gouvernement, en affaires courantes, doit, estime-t-il, décider de sa poursuite. Les recteurs et les 500 chercheurs présents hier à la présentation de l'audit partagent évidemment cet avis. Les Prs Christine Van Broekhoven (UA) et Michel Gevers (UCL), ont chacun, présenté le PAI qu'ils coordonnent. Ainsi, le réseau DYSCO –Dynamical Systems, Control and Optimization– coordonné par Michel Gevers (EPL/INMA), compte aujourd'hui 8 équipes (5 lors de sa création en 1990), 60 académiques, dont beaucoup sont leaders dans leur discipline (14 en 1990), 200 doctorants (contre 40), 65 post-doctorants. Ces "anciens" forment aujourd'hui un réseau réparti dans le monde entier: à titre d'exemple, au cours des 8 dernières années, DYSCO a signé un contrat avec 104 entreprises. "La différence entre les programmes de financement européens et les PAI, c'est que les premiers demandent ce que l'on va trouver et quand on va le trouver: ce n'est plus de la recherche!" tempête Michel Gevers. En outre, ce programme fédéral est léger sur le plan administratif, ce qui laisse au coordonnateur la possibilité de faire de la recherche. Enfin, dit le patron de DYSCO, "il faut 10 à 15 ans pour construire un réseau, mais quelques mois suffisent à le détruire." Bref, il est urgent d'assurer l'avenir d'un programme de recherche qui fait ses preuves. (D.H.) Photo: le 1er octobre 2009, le Roi rendait visite au PAI DYSCO: il salue le recteur Bruno Delvaux et Michel Gevers, coordonnateur.
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5/04/2011
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