L'UCL analyse le plan de suivi des chômeurs

Comptes
Le plan d’accompagnement et de suivi des chômeurs favorise-t-il un retour plus rapide à l’emploi ? Et si oui, dans toutes les régions, pour tous les types de demandeurs d’emploi, au détriment de la qualité des emplois acceptés ?
Les résultats de cette étude montrent que le dispositif d’Activation du Comportement de Recherche d’emploi (ACR) est plus fort en Flandre qu’en Wallonie et à Bruxelles. Le contrôle de la recherche se montre donc surtout efficace là où les offres d’emplois sont abondantes. Et lorsque les emplois sont nombreux, le contrôle s’avère même plus productif pour un chômeur peu qualifié que qualifié. Par contre, là où les offres d’emploi sont plus rares, le contrôle semble favoriser davantage l’embauche des travailleurs qualifiés.

Autre enseignement : lorsque les chômeurs retrouvent un emploi, le salaire obtenu est en moyenne plus faible en raison de l'ACR, mais la baisse est modeste (max. 30 €). Cette baisse de salaire s'explique par la crainte du chômeur d'être dépossédé de ses droits et donc de son enclin à accepter plus rapidement des offres moins bien rémunérées que leur précédent emploi. Pour les comptes de l’Etat, la mise en place de l’ACR engendre un gain modeste.

L’essentiel de l'évaluation de l'IRES porte sur la population des chômeurs indemnisés âgés de 25 à 30 ans qui ont reçu une lettre d’avertissement de l’ONEM en 2004 dans le cadre de la procédure d’ACR et dont les chercheurs ont reconstitué le parcours sur le marché du travail jusque fin 2006. Les résultats montrent que l’ACR accélère de manière significative leur transition du chômage vers l’emploi et ceci même bien avant que des entretiens d’évaluation ont lieu ou des sanctions sont imposées : 92 % de l’effet se réalise avant que les personnes concernées ne soient sanctionnées. Ceci se comprend par un effet d’anticipation. Les chômeurs accroissent leurs efforts de recherche afin d’éviter une évaluation (négative) et ses conséquences. (ID)

Vous trouverez l'entièreté de cette étude dans le dernier n° de Regards économiques de l'IRES.

| 25/02/2011 |