L'élargissement de Bruxelles: une réalité téléphonique

Bassins de téléphonie
Trois chercheurs de l’UCL redessinent les frontières belges sur base d’une analyse des communications téléphoniques. Si on suit les flux GSM, Bruxelles joindrait la partie francophone, avec 5 communes à facilités.
Les Prs Vincent Blondel (mathématiques appliquées) et Isabelle Thomas (géographie) ainsi que le doctorant Gautier Krings (mathématiques appliquées) ont remis en cause les frontières belges au moyen de données originales: plus de 200 millions de communications téléphoniques passées entre le 1er octobre 2006 et le 31 mars 2007. Leur étude scientifique repose sur un modèle mathématique unique, qui dessine la Belgique en ensemble cohérent. Il propose ainsi une géographique sur la base de la fréquence des communications mobiles et de leur durée moyenne. «Nous obtenons une carte de Belgique composée de 17 groupes ou ‘bassins téléphoniques’, expliquent-ils. Ils sont spatialement bien ancrés, aux communes étonnamment toutes adjacentes. » Sur cette carte, le bassin bruxellois est le seul qui traverse largement la frontière linguistique. « Dans la durée moyenne des communications, nous obtenons un groupe au nord et un au sud ; seuls 2% des communications passent d’un groupe à l’autre. » La communauté germanophone fait donc partie de l’espace francophone. Quant à Bruxelles, plus précisément: « Le réseau bruxellois est lié à la Wallonie, avec 5 communes à facilités sur les 6 que compte la périphérie. Seul Wemmel n’est pas dans le cas. » Les conclusions de leur étude seront accessibles sur www.brusselsstudies.be. (A.T.)

Photo: l’illustration montre les groupes obtenus sur la base de la fréquence des appels entre communes.

| 1/10/2010 |