Émotions des Belges face à la crise : respect et fatalisme

Carte de Belgique
Une équipe interuniversitaire de l'UCL, l'ULB et la KULeuven a mené une étude sur les émotions des Belges par rapport à la crise. Résultat ? Les notions de respect et de fatalisme reviennent fréquemment.
1078 francophones et néerlandophones, provenant de différentes orientations politiques, ont été interrogés en mai 2010, par des chercheurs de l'UCL, l'ULB et la KULeuven. Une enquête qui a été conduite au lendemain de la chute du gouvernement d’Yves Leterme, jusqu’à la veille des élections anticipées. 
Le but ? Connaître le sentiment des Belges face au conflit communautaire actuel, déceler leurs émotions face à l’autre communauté linguistique et percevoir leurs perspectives quant à l’évolution de la situation.

Les résultats de cette étude sont inattendus, a fortiori dans le contexte politique belge actuel, marqué par une rupture de confiance entre les représentants politiques des deux communautés. Les chercheurs notent, entre autres :
• l’attachement général à la Belgique d’une grande majorité des personnes interrogées (même si cet attachement est légèrement plus élevé chez les Francophones)
• une surestimation des émotions négatives attribuées à l'autre groupe vis-à-vis du sien (chaque groupe linguistique se croit l'objet d'émotions plus négatives que celles qui sont exprimées réellement par l'autre groupe)
• parmi les émotions principales qui ressortent à l’égard de l’autre communauté, on note le respect, la sympathie et l’admiration (sauf pour les sympathisants de la NV-A qui ressentent davantage de colère, de frustration mais aussi de respect)
• l’option d’un recours à la force n’est pas une action envisageable par les personnes interrogées

De manière générale, les chercheurs dénotent un écart flagrant entre les craintes des personnes interrogées (on note un fort sentiment de fatalisme) et leurs souhaits quant l’avenir du pays. Le sentiment personnel des répondants ne leur parait pas être dans la ligne du probable, du réalisable.

Ont participé à cette étude : Bernard Rimé (UCL), Batja Mesquita et Ellen Delvaux (KULeuven) et Laurent Licata, Aurélie Mercy et Olivier Klein (ULB).

| 6/09/2010 |