L'UCL aussi s'implique dans la réforme de la formation des profs
La formation des futurs enseignants, maternelle, primaire et secondaire confondus, devrait passer de 3 à 5 ans. Telle est la volonté du ministre Marcourt. L’UCL y est favorable, pourvu que les universités soient associées à l’organisation de ces 2 années de master. Pour mettre davantage l’accent sur le volet pédagogique de la formation et diversifier les profils des futurs profs.
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Mieux préparer les profs au terrain, c’est le but de la réforme
de leur formation qui fera passer ces études de 3 à 5 ans. |
Le ministre de l’enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, travaille sur une réforme de la formation des enseignants. L’objectif ? Permettre aux futurs profs d’aborder leur nouveau métier en étant mieux préparés, notamment à la réalité de terrain. Comment ? En allongeant les études de 3 à 5 ans.
Plusieurs groupes de travail planchent sur les modalités pratiques de cette réforme. Et l’UCL n’est pas en reste : elle a envoyé au ministre, en collaboration avec les départements pédagogiques des hautes écoles du réseau catholique et de l’Université de Namur, en avril dernier, une note visant à lui transmettre sa vision pour améliorer la formation des enseignants, arguments à l’appui.
Pourquoi une telle implication de l’UCL et de ses partenaires dans ce dossier ? Ce sont eux qui forment les profs du secondaire supérieur, via «l’agrégation» (l’équivalent de 30 crédits). Dans le cadre de cette réforme, l’UCL et ses partenaires plaident donc pour que les 2 dernières années de la formation soient co-organisées par les hautes écoles et les unifs.
Et concrètement…
Cet objectif de participer aux deux années de master des futurs enseignants permettrait, selon les propositions de l’UCL, en collaboration avec les départements pédagogiques des hautes écoles du réseau catholique et de l’Université de Namur, de:
- répartir les charges financières liées à la réforme sur plusieurs années (l’ensemble des formés ne passant pas tous et immédiatement à des études de master) ; étaler les coûts de formation pour les destinataires de celle-ci ;
- créer une dynamique basée sur le projet personnel, c'est à dire permettre à une personne de devenir enseignant (et de se former à ce métier) dès ses 18 ans (BAC haute école) OU au terme de son BAC universitaire OU à la fin de ses études universitaires OU en cours de carrière professionnelle ;
- renforcer l'articulation entre formation théorique et formation pratique par (a) des instituts qui réunissent des enseignants des HE et de l'université, (b) de programmes qui alternent stages (ou activité professionnelle) et de formations académiques par le biais de l'alternance ou de l'étalement des études, (c) des interactions entre étudiants (en formation initiale) et enseignants (en formation continue) ;
- réduire les risques de pénurie qui seraient liés à l’application d’un allongement trop immédiat en garantissant la présence d’étudiants stagiaires (rémunérés ou non) dans les classes ;
- garantir, grâce au passage de la formation de 3 à 5 ans, à un plus grand nombre d’enseignants, titulaires d’un diplôme universitaire, de se réorienter vers d’autres fonctions (ex. direction), tout en facilitant, à l’inverse, l’entrée tardive de professionnels qui ne s’étaient pas initialement destinés à l’enseignement.
Avis d'expert
Selon Ghislain Carlier, responsable des agrégations à l’UCL et co-auteur des propositions faites à Marcourt, «les universités étant l’un des acteurs clés de la formation des futurs enseignants, c’est uniquement par le biais d’une collaboration renforcée avec les écoles normales que l’on parviendra à renforcer la qualité de cette formation.»
Isabelle Decoster