La recherche sur le mélanome avance [25/06]

Il fait beau, le soleil brille… et grille ses adorateurs imprudents, en particulier ceux qui s’y exposent sans protection. A l’approche des vacances, il n’est pas inutile de rappeler que le mélanome (la forme la plus agressive de cancer de la peau), est en augmentation constante (le nombre de cas a doublé en dix ans). Et si rien ne change, le mélanome sera la quatrième cause de cancer en 2050. C'est d'autant plus alarmant qu'il touche des adultes jeunes.

Le mélanome constitue donc un véritable problème de santé publique. Il peut être guéri par chirurgie quand il est dépisté précocement, mais détecté à un stade plus avancé, les risques de récidives sont importants et il n’y a pas encore de bon moyen de les prévenir. Les médecins manquent en outre de médicaments pour traiter la maladie métastatique.

Mais que font les chercheurs ?
Les projets de recherche sont nombreux, mais n’ont pas encore débouché sur un médicament pour guérir de ce cancer. « Depuis plusieurs années, nous sommes convaincus que la modulation du système immunitaire est une piste pleine d’espoir dans le traitement des cancers, et en particulier du mélanome », indique le Dr Jean-François Baurain, chercheur au Centre du Cancer et Responsable de la Clinique du mélanome (Service d’Oncologie médicale) des Cliniques universitaires Saint-Luc.

Dans ce domaine, les chercheurs de l’Institut Ludwig de l’UCL ont récemment découvert un nouveau mécanisme responsable d’une résistance des tumeurs au système immunitaire. Une étude clinique impliquant des patients démarrera aux Cliniques universitaires Saint-Luc en septembre prochain, sur la base de cette découverte.

Très récemment, les résultats d’une autre étude clinique multicentrique ont été présentés au Congrès américain d’oncologie (ASCO). Il a été montré que les patients recevant une molécule levant l’inhibition des lymphocytes (anticorps anti-CTLA-4) permet d’augmenter leur survie. Cette molécule est déjà disponible aux Cliniques universitaires Saint-Luc et le sera bientôt dans d’autres centres.

Dialogue entre le laboratoire et le chevet du patient : la clé de la réussite
Le dialogue entre la recherche fondamentale et la recherche clinique constitue la clef de la réussite. C’est ce que l’on appelle la « recherche translationnelle », qui n’est autre que des allers-retours constants entre le laboratoire et le lit du malade.

Les chercheurs des Cliniques universitaires Saint-Luc et de la Faculté de médecine de l’UCL collaborent depuis plusieurs années dans le domaine du mélanome pour développer de nouveaux traitements. « Dans le cas précis de la recherche sur le mélanome, les chercheurs de l’Institut Ludwig ont mis au point des vaccins expérimentaux après avoir découvert que les cellules tumorales exprimaient des antigènes qui pouvaient être reconnus par des lymphocytes (une sorte de globules blancs) du patient.  Un antigène est la combinaison d’un peptide antigénique spécifique d’une tumeur et d’une molécule HLA spécifique du patient.  Nous avons alors vacciné des patients atteints d’un mélanome avec ces antigènes, dans le cadre d’un protocole d’étude clinique », explique le Dr Baurain.

Les résultats sont certainement encourageants, mais il reste encore trop de patients qui ne répondent pas à ce traitement. « Pour comprendre ce phénomène, nous avons pratiqué des biopsies tumorales chez les patients recevant des vaccinations et les avons envoyées au laboratoire qui analyse minutieusement la relation entre le système immunitaire des patients et leurs tumeurs ».

La prévention et le dépistage précoce restent indispensables
Même si aucun vaccin ne sera commercialisé avant quelques années, les recherches se poursuivent et chaque année de nouvelles connaissances permettent de proposer des améliorations à ces vaccins. Dans le domaine du mélanome, la prévention et le dépistage précoce restent les meilleures armes pour s’en protéger.
| 29/06/2010 |