Luc Willame

[Docteur en droit] 1979

La scission reste une blessure

L’université de Louvain, c’est évidemment pour moi le souvenir de quelques très grands noms comme Van Reepinghen, Dabin, Rigaux et De Visschere en Droit et Dupriez ou Vaes en Économie, au Commercekot comme on disait alors ! 

C’est aussi le souvenir de cours très magistraux, hélas souvent séchés… Je me souviens avoir rencontré l’excellent professeur Coppens, en droit commercial, pour la première fois en entrant dans la salle d’examen ! C’était aussi l’époque où il était possible de suivre deux formations en même temps, en droit et en économie, peut-être tout de même au détriment de l’assiduité aux cours 

Mais Louvain, c’est aussi le souvenir d’une ville flamande, soeur et voisine de Bruxelles où deux communautés d’étudiants se croisaient sans se connaître, ni parfois se parler. Et puis, pour nous francophones, il y eut la découverte brutale de l’hostilité et du rejet par « l’autre », du mépris et de l’impossibilité de cohabiter. La blessure de la scission est loin d’être refermée.

L’excellente formation générale reçue à Louvain m’a permis de réussir sans problème des études complémentaires pointues à l’Université de Berkeley. C’est certainement cette combinaison de culture générale en Europe et de plus grande spécialisation aux Etats-Unis qui m’a été très utile au cours de ma carrière, dans le groupe Éternit d’abord et ensuite à la tête du groupe Glaverbel.

Luc Willame

Président de la Fondation Louvain

Ce témoignage est extrait de la publication "Parole(s) d'Alumni" réalisée à l'occasion des 10 ans de la Fondation Louvain en collaboration avec l'équipe Alumni. Ces textes ont été récoltés entre novembre 2009 et février 2010. Une version PDF de ce livre est disponible.