Marie-Anne Beauduin

[Licenciée en sciences politiques] 1956

À mes chères « co-kotteuses » Lucie, Cécile et Marie-Christiane

Kraenendonck, 13… Une adresse pareille ne s’invente pas ! Elle désignait à l’époque une modeste maison blanche, dans une rue tranquille près du Marché aux Poissons à Leuven. Comment mon amie Cécile a-t-elle réussi à convaincre Mgr van Waeyenbergh de nous laisser la louer et nous y installer ?

Quatre jeunes filles en kot et non en pédagogie ? Inimaginable ! Et quel kot : un unique évier dans la cuisine, une toilette extérieure, pas de chauffage mais des cheminées (à chacune d’entretenir son feu). Ce qui peut paraître stoïque aujourd’hui signifiait pour nous la liberté, la découverte, l’entraide et surtout l’amitié. Et puis bien sûr, les garçons venaient nous reconduire, nous rendre visite, partager des notes de cours ou un repas… Mais ce dont il me plaît de me souvenir, c’est que nous étions très solidaires, et que ce lien a perduré plus d’un demi-siècle.

Pas d’Erasmus en ce temps-là ! Mais bien une université entièrement bilingue, où l’on pouvait suivre les cours dans l’une ou l’autre langue… J’en ai bien profité, notamment pour éviter un prof redouté et abscons ! Mais personne par contre, n’aurait raté un cours du cher professeur Rousseaux, que tout le monde adorait. Personnellement, Yves Urbain me fascinait par son approche socioéconomique de l’histoire et de la société actuelle, par sa faconde et sa fidélité à ses origines. C’est probablement lui qui m’a attachée définitivement à l’UCL !

Marie-Anne Beauduin

Ce témoignage est extrait de la publication "Parole(s) d'Alumni" réalisée à l'occasion des 10 ans de la Fondation Louvain en collaboration avec l'équipe Alumni. Ces textes ont été récoltés entre novembre 2009 et février 2010. Une version PDF de ce livre est disponible.