Le bonus de pension : un cadeau empoisonné

Homme pensionné
Marjan Maes a réalisé une étude sur une politique fédérale visant à augmenter l'âge de départ à la retraite : le bonus de pension. Les conclusions de son étude sont très critiques sur cette politique.
Regards économiques publie les résultats d’une étude de Marjan Maes démontrant que le «bonus de pension» est une réforme inefficace en matière de soutenabilité financière. 
Afin de relever le taux d’emploi des travailleurs âgés, le gouvernement belge avait approuvé fin 2005 une loi baptisée «Pacte de Solidarité entre Générations». Parmi les mesures mises en œuvre, le «bonus de pension» consistait en une augmentation forfaitaire et permanente du montant de la pension légale pour les travailleurs salariés qui décidaient de reporter leur départ à la retraite. Plutôt que de pénaliser la retraite anticipée, le gouvernement a donc choisi de récompenser les années de travail supplémentaires.

L’objectif de l’étude de Marjan Maes était d’évaluer les effets du «bonus de pension» sur l’âge de départ à la retraite, sur le budget des pensions et sur les inégalités au sein de la population âgée. Son second objectif était de comparer cette mesure à deux autres politiques non retenues par le gouvernement et visant à pénaliser les départs anticipés en retraite. 

Les résultats de Marjan Maes sont révélateurs. Le «bonus de pension» n’augmente l’âge de départ à la retraite que de 0,3 année alors que des réformes pénalisantes ont des effets bien plus marqués. Par ailleurs, le «bonus de pension» a pour conséquence de creuser le budget des pensions. A l'inverse, les politiques pénalisantes génèrent les effets budgétaires escomptés.

Conclusion ? L'étude de Marjan Maes démontre que ce sont les réformes pénalisant la retraite anticipée qui réduisent le plus les inégalités des revenus parmi les pensionnés.

Marjan Maes a un doctorat en sciences économiques et de gestion de l’UCL (2008), et est professeur d’économie à la Hogeschool-Universiteit Brussel (HUB). Son étude a été réalisé pour la revue Regards économique éditée par l'Institut de recherches économiques de l'UCL

| 19/05/2010 |