Etudes sur la réaction à la douleur de la population congolaise en vue d'améliorer les solutions thérapeutiques [19/04/2010]

Etudes sur la réaction à la douleur de la population congolaise en vue d’améliorer les solutions thérapeutiques
Recherche de Bernard le Polain de Waroux

Actuellement, les recherches de Bernard le Polain portent sur un projet de prise en charge de la douleur en collaboration avec l’équipe d’anesthésie des Cliniques universitaires de Kinshasa (UNIKIN - service du Professeur Kilembe) afin de leur permettre d’acquérir les compétences nécessaires pour mener à bien ce projet en parfaite autonomie.

Pourquoi s’intéresser à la douleur aiguë et chronique du patient congolais alors qu’il y a tant d’autres priorités de la santé ?

La réponse se trouve dans une étude portant sur des patients cancéreux dont les familles ne sont pas capables de supporter financièrement les frais médicaux. Dans ce contexte difficile, les familles des malades préfèrent les garder à la maison en leur apportant le plus de confort possible  par un contrôle adéquat à la douleur. 

La recherche se développe selon plusieurs axes :

  • l’élaboration d’échelles d’évaluation de la douleur adaptées au milieu africain. En effet, la douleur peut s’exprimer très différemment en fonction du milieu culturel, social et familial. Il s’agit, dès lors de créer des questionnaires simples et compréhensibles, adaptés aux différentes conditions et pathologies.
  • les enjeux sociaux de la douleur pour mieux intégrer le traitement dans les structures sociales (chaque société a son propre mode de fonctionnement). Dans le milieu congolais, la répercussion sociale de la douleur est particulièrement importante et le support de l’entourage primordial pour le patient. Les premières enquêtes montrent l’importance du soulagement immédiat de la douleur avant les attentes de la guérison et la décision prise par la communauté de se tourner vers les hôpitaux.
  • Les médicaments : volonté d’application du protocole thérapeutique créé par l’OMS en tenant compte du coût des médicaments, de leur disponibilité et de l’effet thérapeutique en fonction du milieu. L’étude s’intéresse à un médicament et à sa métabolisation sur les patients au départ d’une recherche locale permettant de déterminer la proportion de patients chez qui ce médicament sera utile et adapter ainsi les protocoles

Ces différents axes de recherche devraient permettre de former une équipe compétente et reconnue au niveau national et international. Sa fonction d’enseignement dans le domaine est importante : elle permettra de motiver les soignants à la souffrance des patients, aspect de la thérapeutique non-négligeable.

Bernard le Polain de Waroux, chef de service adjoint en anesthésiologie, Cliniques universitaires Saint-Luc (UCL) : 02 764 18 94 ou 0475 82 86 12 ou Bernard.Lepolain@uclouvain.be

| 29/08/2012 |