L'importance de la culture bananière comme réponse à l'insécurité alimentaire [19/04/2010]

L’importance de la culture bananière comme réponse à l’insécurité alimentaire
Recherche de Philippe Baret

Les populations rurales de l’Est de la République du Congo, au Nord et au Sud Kivu, ont construit leur agriculture autour du système bananier. Sur des sols à fortes pentes mais très riches, ils obtiennent les meilleurs rendements moyens de l’ensemble de la région des Grands Lacs. En cultivant la banane, ils assurent notamment leur subsistance alimentaire. Couper un régime de banane, pas toujours à maturité, permet de faire face à un imprévu ou de payer des frais de scolarisation. De plus les variétés les plus cultivées, dites bananes à bière, sont un élément clé de la vie sociale lors de l’organisation de mariages, de funérailles ou d’autres événements communautaires.

Dans ces systèmes isolés par les conflits armés qui ont traversé la région, les cultures bananières sont remarquablement bien organisées et l’innovation est bien présente dans les techniques de fertilisation, le choix des variétés et la gestion du renouvellement de la plantation. Dans le cadre du projet CIALCA1[1], l’UCL procède à des enquêtes de terrains et des essais/démonstrations pour comprendre et valider les innovations utilisées. L’objectif est, à la fois, de produire de nouvelles connaissances dans le cadre d’une recherche scientifique internationale mais aussi de mettre en relation les agriculteurs à l’échelle locale et régionale pour un partage de savoirs.

La diversité des conditions agronomiques et écologiques de la région des Grands Lacs génère une diversité fascinante de potentialités agronomiques. Au cœur de ces systèmes, la banane est une porte d’entrée sur l’organisation de l’exploitation mais aussi des marchés. Notre intérêt s’étend aux cultures associées et notamment au café pour lequel la banane peut constituer un ombrage dans une interaction qui minimise l’utilisation des ressources externes en culture caféière et conduit donc à un système plus durable.

A l’Université catholique de Louvain, le projet implique une dizaine de personnes dont deux académiques, une chercheuse en postdoctorat, cinq thésards dont certains en thèse alternée entre la Belgique et l’Afrique. Sur le terrain, l’équipe CIALCA constitue un réseau d’une cinquantaine de personnes en étroite interaction avec les structures locales.

Plus d’info sur le site : http://www.uclouvain.be/315506.html 

Philippe Baret, professeur au Earth and Life Institute : 010 47 37 23 ou 0493 24 88 14, Philippe.Baret@uclouvain.be


[1] Le projet CIALCA (Consortium to Improve Agricultural-based Livelihoods in Central Africa) est un consortium de trois projets de recherche financés par la DGDC belge et géré par les centres de recherche internationaux Bioversity, IITA et TSBF-CIAT. Il implique deux universités belges : l’UCL et la KULeuven (www.cialca.org).
| 29/08/2012 |