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Poids et usages du passé colonial dans les relations belgo-congolaises [19/04/2010]
Poids et usages du passé colonial dans les relations belgo-congolaises
Les recherches de Valérie Rosoux portent sur deux axes : d’un côté, le poids du passé colonial au sein des relations entre la Belgique et le Congo, et de l’autre, la portée et les limites du concept de réconciliation dans la région des Grands Lacs.
L’évolution des représentations du passé dans le cadre des relations belgo-congolaises montre que la mémoire n’est pas seulement une contrainte pour les acteurs de politique étrangère, mais qu’elle constitue également un instrument dont ils peuvent se servir. Une telle perspective suppose la mise en question de deux préjugés tenaces. Le premier prétend que seul l’avenir est ouvert et indéterminé, le passé étant par nature fermé et déterminé. Or le passé n’est jamais complètement figé. Les faits sont en principe ineffaçables, mais le sens de ce qui est arrivé n’est jamais fixé une fois pour toutes. Seconde mise en cause : l’appel à la mémoire n’est pas, intrinsèquement, un gage d’authenticité : il est ce qu’on en fait. C’est au regard de cette ambivalence qu’il importe de s’interroger sur l’impact des représentations officielles de la colonisation : fabriquent-elles l’altérité ou cherchent-elles à apaiser les blessures liées au passé? Loin des dichotomies classiques vaincus/vainqueurs, victimes/héros, la colonisation renvoie à des zones grises. Dans de telles circonstances, comment évoquer l’événement qui « glisse » en dehors des catégories préétablies ? En Belgique, l’observation du discours officiel permet de repérer quatre types d’attitudes à cet égard (génie, gêne, génuflexion et injonction) :
Quel est l’impact de chacune de ces attitudes sur le plan des relations belgo-congolaises ? La « diplomatie éthique » mise en place à partir de 1999 contribue-t-elle à susciter un nouveau souffle dans les relations avec l’ancienne métropole ? Est-il en réalité possible de résoudre aujourd’hui, et définitivement, toutes les contradictions d’hier ?
Malgré les discours appelant à la réconciliation en R.D.Congo, les témoignages concordent pour dépeindre une atmosphère de méfiance et de discrimination. Pourtant, les familles endeuillées devront un jour ou l’autre à nouveau vivre ensemble. L'impératif de coexistence force à s'interroger : comment gérer les conséquences de ce qui est advenu ? Est-il possible ou illusoire de « démobiliser les esprits » ? Comment imaginer que les anciens belligérants puissent un jour devenir des partenaires ? La question de la transformation à long terme des rapports entre anciens belligérants est vaste. Valérie Rosoux, professeur à l’Unité de science politique et de relations internationales : 010 47 41 29 ou Valerie.Rosoux@uclouvain.be
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29/08/2012
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