Le développement durable, au nord comme au sud, via l'exportation de la gazéification [24/11/2009]

Le développement durable, au nord comme au sud, via l’exportation de la gazéification

La gazéification en quelques mots
On peut cataloguer les combustibles (renouvelables ou non) produits par la nature en deux familles : les solides (bois, charbon) et les fluides (gaz naturel, pétrole). Les machines ont été adaptées à la forme du combustible disponible localement ou à celui le mieux adapté au besoin. On retrouve, par exemple, les fluides dans les moteurs, notamment des véhicules, et les solides dans les grandes centrales électriques ou, à l’autre extrémité, dans les poêles domestiques. Lorsque l’on dispose de bois d’une part et d’un moteur d’autre part, il n’y avait, jusqu’à présent, pas d’adéquation possible.
La gazéification est le processus de transformation qui permet de dépasser cette inadaptation de la forme du combustible à la machine de production. Comme son nom le sous-entend, elle est l’opération de conversion d’un combustible solide en un combustible gazeux. Via cette opération, le bois peut être exploité énergétiquement dans un moteur d’un groupe électrogène afin de produire de l’électricité. La machine réalisant cette transformation de solide en gaz est appelée un gazogène.
La gazéification n’est pas une transformation parfaite. L’énergie que l’on retrouve dans le gaz ne correspond qu’à environ 70% de l’énergie initiale du combustible. Malgré cette perte, la production décentralisée d’électricité à petite échelle à partir de bois via la gazéification offre un meilleur rendement global (25%) que la solution d’une chaudière et d’un moteur à vapeur (rendement de 15%).

Les recherches à l’UCL
Les recherches dans le domaine de la gazéification ont été entamées, à l’UCL, il y a plus de 30 ans par le professeur Martin. Elles se poursuivent actuellement selon plusieurs axes distincts :
- en recherche fondamentale, la compréhension des phénomènes physico-chimiques qui se déroulent au sein des gazogènes reste une priorité ;
- en recherche appliquée, le développement de machines adaptées aux nécessités des pays développés et leur adéquation pour diverses formes de combustibles (bois, bois décharge, boues d’épuration séchées, etc.) sont étudiés ;
- en collaboration avec les pays du sud, l’adaptation des gazogènes aux réalités locales est étudiée pour satisfaire aux besoins d’électrification rurale.

Le développement de la gazéification dans les pays du Sud
En Occident, il n’est plus concevable de vivre sans électricité. Pourtant, plus de deux milliards d’hommes vivent sans électricité : seules 5% des campagnes africaines sont électrifiées et en Inde, puissance industrielle mondiale, plus de 400 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité.
Les technologies mises en œuvre actuellement dans les pays développés ne sont pas adaptées aux pays du Sud. A la place d’une automatisation poussée, on doit viser, pour ces régions, une technologie simple, fiable et robuste pouvant être au moins partiellement réalisée localement. La complexité ne doit pas dépasser celle d’un groupe électrogène. Les recherches menées à l’UCL, en collaboration avec la société Xylowatt (spin-off de l’UCL), portent sur la simplification des installations, à qualité égale par rapport aux machines installées en Belgique.  
Avec ces caractéristiques, le gazogène pourra séduire les populations rurales et créer une économie locale autour de son fonctionnement et de la fourniture de services énergétiques. Ce dernier aspect est jugé fondamental dans toutes les études actuelles menées au sujet de l’électrification rurale.

| 29/08/2012 |