L'UCL étudie les prévisions climatologiques sur le long terme [24/11/2009]

    L’UCL étudie les prévisions climatologiques sur le long terme ayant une influence sur l’avenir de la planète

Les modèles prévisionnels climatiques sont souvent « recalibrés » a posteriori pour correspondre aux données de terrain. Partant de ce problème récurrent en climatologie, Michel Crucifix a entrepris des recherches visant à créer, à l’aide des mathématiques, de la physique et de la géologie, un modèle prévisionnel du climat capable de faire des prévisions sur plusieurs dizaines de milliers d’années. Le but ? Obtenir des données fiables permettant de se prononcer sur l’avenir, à long terme, de notre planète.

Historique
Au cours des trois derniers millions d’années, notre planète a connu une cinquantaine de cycles de glaciation. Véritables respirations du climat, ces cycles entraînent toutes les composantes du système climatique : l’atmosphère, les grands glaciers, la biosphère, le CO2 et les océans. Dès le 19e siècle, les scientifiques ont émis l’hypothèse que ces cycles étaient, d’une façon ou d’une autre, contrôlés par les petites variations de l’orbite de notre planète autour du soleil. L’hypothèse est progressivement devenue théorie, notamment sous les impulsions du professeur André Berger (UCL).

Situation actuelle
Aujourd’hui nous disposons d’une grande quantité d’enregistrements naturels sur cette période géologique qu’on appelle le Pleistocène, notamment grâce à l’analyse des sédiments marins et des bulles d’air piégées dans les carottes de glace.
Au même titre que l’analyse d’un électrocardiogramme révèle au médecin l’état du cœur d’un patient et lui permet de poser un diagnostic, l’analyse fine des enregistrements paléoclimatiques est indispensable pour se prononcer sur l’avenir à long terme de notre planète. On découvre en particulier que les cycles glaciaires sont de plus en plus longs et instables. Et cette instabilité pourrait être annonciatrice d’un « accident cardiaque » du climat, dans plusieurs dizaines de milliers d’années. Une telle analyse démontre l’importance de la fiabilité de ces prévisions et pose de nombreuses questions :
- comment l’activité humaine va-t-elle interférer avec cette évolution ? Une théorie récente prétend que l’activité humaine avait déjà, avant même la révolution industrielle, infléchi la course du climat. 
Qu’en est-il ?
- peut-on prévoir le moment de la prochaine grande glaciation ?
- quel rôle le CO2 a-t-il joué dans ces glaciations ; que peut-on apprendre sur la dynamique du cycle du carbone que nous sommes en train de perturber ?

Par rapport aux tentatives précédentes de réponses à ces questions, les recherches de Michel Crucifix mettent l’accent sur les meilleurs outils de mathématiques appliquées à notre disposition. Couplé à l’expertise de terrain des paléoclimatologues européens et américains, son ambition est de développer un modèle physique et statistique du climat rendant compte des oscillations climatiques à l’échelle de plusieurs dizaines de milliers d’années, donnant ainsi un nouvel élan à la théorie astronomique des paléoclimats.

    http://www.climate.be/ITOP

| 29/08/2012 |