Histoire des bibliothèques

[Projet de texte]

De la "Bibliotheca publica Lovaniensis" à la "Bibliothèque centrale de l'Université catholique de Louvain"

C’est en 1636 que la première bibliothèque centrale de Louvain, la « bibliotheca publica Lovaniensis » vit le jour. Son histoire au fil des siècles suivants fut assez chaotique et mouvementée. Allant de fermetures en réouvertures, d’incendies en reconstructions, la bibliothèque connut bon nombre de tribulations jusqu’à être touchée de plein fouet par la tourmente des querelles linguistiques qui frappa notre pays vers la fin des années 1960.

En effet, en 1968, l’Université catholique de Louvain se divisa en deux, sa section française ayant décidé de revenir en territoire wallon et choisit de s’implanter sur les sites de Louvain-la-Neuve et de Bruxelles-Woluwe.  
En 1971, la bibliothèque de Louvain
subit le même sort que l’université et se scinda en 2 entités distinctes : la Bibliothèque centrale de l'Université catholique de Louvain et l'Universiteitsbibliotheek de la Katholieke Universiteit te Leuven. Les documents furent répartis paritairement entre les deux nouvelles structures. En général, la bibliothèque flamande garda ceux à côte impaire tandis que la section francophone emporta avec elle ceux à côte paire.  

La bibliothèque de l’UCL était née… du moins théoriquement. Les bâtiments de la nouvelle université n’étant pas tous construits au moment de la scission, il fallut en effet attendre 1979 pour que le déménagement des derniers documents échus à la section française se fasse.

 

Les premières réalisations et la création des bibliothèques facultaires

La bibliothèque ne resta néanmoins pas inactive jusqu’en 1979.  Une série de réalisations eurent lieu dans l’intervalle.  De même, une série de décisions officielles qui allaient modifier le paysage des bibliothèques de l'Université furent prises. 

Ainsi, dès 1971-72, l’informatisation du catalogue connut ses premiers balbutiements.
De cette époque date également l’enregistrement des thèses de doctorat et des mémoires de licence ainsi que celui des collections de périodiques de la Bibliothèque centrale.

Par ailleurs, en 1972, le Bureau exécutif de l'Université décida de remplacer la bibliothèque centrale de l'UCL nouvellement créée par des bibliothèques de facultés. Une telle évolution se voyait nécessitée par l’éclatement géographique de l’Université et de ses facultés sur différents sites. Elle visait également un rapprochement entre les bibliothèques et leurs utilisateurs.
Un Centre général de documentation
chargé d’assurer certains services communs (acquisition de livres et de revues d’intérêt général et conservation d’ouvrages plus anciens, rares et précieux) et sept bibliothèques facultaires ou sectorielles virent alors le jour : Bibliothèque de Droit, Bibliothèque générale et de Sciences humaines, Bibliothèque de Médecine, Bibliothèque de Philosophie, Bibliothèque de Psychologie et des Sciences de l'Education, Bibliothèque des Sciences économiques, sociales et politiques, Bibliothèque des sciences exactes (devenue en 2008 la Bibliothèque des Sciences et technologies).

En 1981, un premier audit demandé par les autorités montra que la décentralisation, bien que nécessaire, était pratiquée à outrance et présentait une série d’inconvénients dont les usagers étaient les premières victimes (chaque bibliothèque facultaire disposant de ses propres services, de son propre règlement, de sa propre carte d’accès, de sa propre carte de photocopies…). Pour pallier ce problème, une première décision fut de créer un catalogue collectif unique pour l’UCL (LIBIS).  

 

 L'émergence des nouvelles technologies et la création d'un Service central

Dans les années 90, l’émergence d’un nouveau monde en interconnexion constante amena les autorités à mener une réflexion de fonds sur l’avenir des bibliothèques et l’apport des nouvelles technologies. Celle-ci aboutit à une orientation décidée vers les ressources électroniques et au remplacement de LIBIS par VIRTUA. Ce nouveau logiciel d’origine américaine présentait en effet l’avantage de respecter les normes et les standards internationaux.

Cette décision, combinée aux problèmes de décentralisation évoqués précédemment, fit également émerger le besoin de revoir les structures des bibliothèques pour trouver un meilleur équilibre entre centralisation et décentralisation.
Ainsi, en 2000, le personnel fut regroupé en un cadre unique sous l’autorité d’un bibliothécaire en chef. Par ailleurs, un service central, qui s’étoffe progressivement depuis lors, fut créé afin de coordonner les activités des bibliothèques selon le principe de subsidiarité (n’est pris en charge en central que ce qui ne peut pas (ou moins efficacement) être géré au niveau local). Dans le même temps des conventions avec les facultés furent mises sur pied pour assurer la continuité d’un bon service de proximité.

 

Aujourd'hui

Fortes de ces choix, les Bibliothèques de l'UCL se développent depuis lors selon trois axes principaux : la formation des utilisateurs (nécessité renforcée suite à la diversification et la complexification des ressources), la participation à des collaborations ainsi qu’un réseautage qui s’établissent aussi bien au niveau communautaire que fédéral et l’exploitation et le développement des nouvelles technologies.

Les bibliothèques avancent donc de manière réfléchie vers une bibliothèque virtuelle composée non seulement de ressources acquises auprès de tiers mais également du contenu produit par l’Université ainsi que de celui dont elle a la garde et qui peut rejoindre la bibliothèque par le biais de projets de numérisation. Les BIUL restent néanmoins conscientes que l’imprimé est loin d’avoir signé son arrêt de mort et que la bibliothèque hybride a encore de beaux jours devant elle.

 

 

 

| 17/09/2009 |