Le diagnostic et le traitement des rhumatismes inflammatoires [30/03]

Le diagnostic et le traitement des rhumatismes inflammatoires


Contrairement à une idée très répandue, la rhumatologie ne s’occupe pas uniquement des symptômes en rapport avec le vieillissement (arthrose, ostéoporose) ou le surmenage (tendinites) de notre appareil locomoteur. Plus de 100.000 belges souffrent de maladies rhumatismales inflammatoires chroniques, comme la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante ou la sclérodermie. Ces maladies résultent non pas d’une usure des structures osseuses ou articulaires mais d’un processus inflammatoire provoqué notamment par un dérèglement du système immunitaire. A l’inverse des pathologies dégénératives, ces rhumatismes inflammatoires affectent préférentiellement des adultes jeunes (le plus souvent des femmes), voire des enfants. Leurs symptômes sont complexes et se manifestent non seulement au niveau des articulations (gonflements articulaires) mais aussi de la peau, des reins, du tube digestif ou du système nerveux. On comprendra dès lors qu’elles peuvent non seulement occasionner un handicap fonctionnel majeur mais aussi compromettre la vie du patient lorsqu’elles sont insuffisamment traitées.

Le diagnostic précoce des rhumatismes inflammatoires constitue un défi important : tout retard risque de provoquer des dégâts irréversibles et peut grever la réponse thérapeutique. Les techniques classiques d’imagerie, couplées à des tests sanguins, ne permettent pas toujours d’identifier correctement la pathologie. C’est la raison pour laquelle nous développons de nouveaux outils diagnostiques basés sur l’identification de « signatures moléculaires » dans le tissu synovial. Par une technique arthroscopique, nous prélevons des biopsies synoviales. Le matériel ainsi obtenu est traité au laboratoire où nous étudions l’expression des gènes par des techniques complexes (microdamiers d’ADN). Nous avons ainsi pu identifier des profils d’expression de gènes (« signatures moléculaires ») très différents en fonction de la pathologie. Dans les prochains mois, nous tenterons de valider cet outil sur un grand nombre d’échantillons de patients, afin d’aboutir, en collaboration avec l’industrie pharmaceutique, au développement d’un kit diagnostique qui permettrait de diminuer voir supprimer la douleur liée à ce type de maladies chez le patient. En parallèle, nous tentons d’identifier des biomarqueurs prédictifs (avant traitement) d’une réponse thérapeutique, dans le but de pouvoir à l’avenir cibler a priori les patients qui répondront mieux à tel ou tel autre agent pharmacologique.

Notre approche s’inscrit dans le cadre de la recherche dite « translationnelle ». A côté de la recherche fondamentale (au laboratoire uniquement) et de la recherche clinique (au lit du malade uniquement), la recherche translationnelle consiste, à partir des questions cliniques rencontrées chez les patients et à partir de matériel prélevé chez eux, à chercher des explications moléculaires aux processus pathologiques et à identifier des marqueurs diagnostiques ou prognostiques, avant de revenir vers les malades avec de nouveaux tests diagnostiques et de nouvelles thérapeutiques issus de cette recherche. Cette recherche est nécessairement pluridisciplinaire, car elle est située à la croisée entre la recherche clinique et la recherche fondamentale. Elle doit donc être gérée par une entité faîtière, en l’occurrence un Institut de recherche expérimentale et clinique, qui va du lit du malade au laboratoire, et vice versa.


Pour de plus amples renseignements (presse uniquement), n’hésitez pas à contacter :
Frédéric Houssiau, responsable de l’Unité de rhumatologie et de métabolisme phosphocalcique : 02 764 53 91

| 30/03/2009 |