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Des chercheurs UCL ont découvert un traitement capable de soigner différents types de cancers [3/12]Des chercheurs UCL ont découvert un traitement capable de soigner différents types de cancers
Au sein d’une tumeur, on distingue deux types de cellules cancéreuses, celles proches des vaisseaux sanguins, les cellules tumorales oxygénées et celles plus éloignées des vaisseaux, les cellules tumorales hypoxiques (exposées à de faibles taux d’oxygène). Lors du traitement d’un cancer, les cellules tumorales oxygénées sont généralement éliminées par chimio- ou radiothérapie. Par contre, les cellules tumorales hypoxiques sont plus difficiles à détruire, à cause de leur éloignement des vaisseaux sanguins qui transportent les médicaments et de leur résistance remarquable aux traitements anticancéreux. La survie de ces cellules après un traitement est donc la cause de nombreuses rechutes de la maladie. On sait depuis longtemps que ces deux types de cellules ont un métabolisme différent. Les cellules tumorales oxygénées se nourrissent de glucose et d’oxygène et rejettent du gaz carbonique. Elles respirent. Par contre, les cellules tumorales hypoxiques ne recevant pas suffisamment d’oxygène, elles se nourrissent principalement de glucose et éliminent du coup un autre type de déchet : le lactate. La première découverte de l’équipe de chercheurs de l’UCL est l’identification d’un processus de recyclage des déchets dans les tumeurs : le lactate (produit par les cellules hypoxiques), au lieu d’être éliminé dans le sang, est recyclé par les cellules tumorales oxygénées comme « nourriture de substitution ». Les chercheurs ont découvert que ces cellules oxygénées préfèrent le lactate (le déchet) au glucose. Du coup, les cellules tumorales hypoxiques reçoivent tout le glucose dont elles ont besoin pour survivre. Ce mécanisme permet d’expliquer pourquoi les cellules tumorales hypoxiques survivent en absence d’oxygène. Les chercheurs de l’UCL ont donc cherché à comprendre comment le lactate parvenait à entrer dans les cellules tumorales oxygénées pour les nourrir. Et c’est là qu’intervient leur deuxième découverte : ils sont parvenus à identifier la voie d’entrée du lactate dans les cellules tumorales oxygénées et l’intérêt thérapeutique de bloquer cette voie d’accès. Le nom de cette « porte » ou transporteur du lactate : MCT1. Pour bloquer MCT1, les chercheurs de l’UCL ont utilisé un composé précurseur d’un nouveau médicament. En bloquant MCT1, c’est l’ensemble du processus de recyclage qui se trouve perturbé. Par ce biais, les chercheurs obligent les cellules tumorales oxygénées à se nourrir de glucose (et non plus de lactate). Les cellules tumorales hypoxiques se voient ainsi privées de leur seule nourriture et finissent par mourir de faim ! Les chercheurs ont trouvé que ce processus de blocage permet d’éliminer, chez la souris, les dangereuses cellules tumorales hypoxiques. Mieux encore, en combinant le blocage de MCT1 avec la radiothérapie, les chercheurs ont observé une régression majeure des tumeurs chez la souris. Cette découverte justifie un espoir nouveau dans le combat contre les rechutes du cancer après traitement. Bien que des tests n’aient pas encore été pratiqués chez l’homme, les chercheurs de l’UCL ont déjà apporté la preuve de l’existence de MCT1 (le transporteur du lactate) dans différents types de cancer chez l’homme : tête et cou, poumon, sein et colon. Le nouveau traitement pourrait donc être utilisé pour traiter une grande variété de cancers humains. Une collaboration des chercheurs de l’UCL avec une firme pharmaceutique sera prochainement initiée pour transformer cette stratégie thérapeutique déjà validée chez l’animal en un médicament pour le patient cancéreux. Ces études ont été réalisées en collaboration avec des chercheurs de l’Université de Duke (Caroline du Nord, US). C’est la complémentarité des connaissances et des équipements des deux universités qui a permis ces découvertes majeures. Par ailleurs, une prestigieuse revue scientifique, le Journal of Clinical Investigations a d’ores et déjà publié les résultats de cette recherche (1/12/2008).
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4/12/2008
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