Découverte importante au niveau de l'expertise de la porcelaine à l'UCL [24/10]

Découverte importante au niveau de l’expertise de la porcelaine à l’UCL

Il s’agit d’une première ! Jacqueline Couvert, collaboratrice technique au laboratoire d’étude des œuvres d’art de l’UCL, a eu l’idée d’analyser le zinc contenu dans la peinture pour expertiser la porcelaine antérieure à 1830 et donc détecter les vrais des faux. La maison de vente aux enchères Christie’s est notamment intéressée par cette découverte.

Jusqu’à présent, les scientifiques évaluaient la porcelaine ancienne sur base du style et de la forme notamment. Jacqueline Couvert a voulu mettre au point une méthode plus fiable et davantage scientifique. Pour ce faire, la chercheuse est partie d’une technique couramment utilisée pour identifier la matière picturale des peintures de chevalet et l’a essayée sur le décor peint d’une porcelaine de Tournai. L’expérience s’est avérée positive, dès le premier essai. Avec l’aide de Laurence Lenne, antiquaire, Jacqueline Couvert emprunta une dizaine de pièces de collection, au Musée royal de Mariemont, afin de confirmer son expérience sur d’autres pièces aux couleurs variées et de différentes époques. Résultat : tous les tests furent concluants.

Le nom de cette technique ? La microfluoresence X. Elle permet d’identifier les pigments minéraux utilisés dans la peinture. Comme pour la peinture de chevalet, les décors peints de la porcelaine antérieurs à 1830 sont dépourvus de zinc. Ainsi, si le procédé de microflluorescence X détecte du zinc sur une porcelaine, c’est qu’il s’agit d’un faux ou d’une pièce récente. Les différents tests effectués par Jacqueline Couvert ont d’ailleurs permis d’affirmer que le Musée royal de Mariemont détenait un faux, pensant évidemment offrir aux regards des visiteurs une véritable pièce ancienne !

Cette découverte a déclenché un engouement dans le milieu spécialisé de la porcelaine. Le laboratoire d’étude des œuvres d’art de l’UCL a notamment été contactée par la manufacture de Sèvres et la prestigieuse maison de vente aux enchères, Christie’s. Cette dernière aimerait pouvoir utiliser cette technique pour expertiser les pièces de porcelaine mises en vente dans ses différentes succursales.

La découverte de Jacqueline Couvert accentue l’expertise du laboratoire de l’UCL (http://labart.fltr.ucl.ac.be/index). Une expertise renforcée qui permet à ses chercheurs d’espérer davantage de subsides, essentiels à la recherche. Autre conséquence importante : cette découverte réalisée au sein du monde universitaire devrait légitimer les connaissances et le savoir-faire des historiens de l’art. Actuellement, l’expertise se trouve majoritairement aux mains des marchands d’art. Gageons que cette avancée scientifique contribuera à garantir une plus grande indépendance de l’expertise basée sur des méthodes scientifiques.

Pour de plus amples renseignements (presse uniquement), n’hésitez pas à contacter :
Jacqueline Couvert, collaboratrice technique au laboratoire d’étude des œuvres d’art de l’UCL : 010 47 48 97 ou Jacqueline.Couvert@uclouvain.be

| 29/01/2009 |