Les secrets des pollens

Un pollen de Mélilot blanc
L’archéologie se pratique aussi à travers l’étude des végétaux. Les pollens fossiles sont de précieux alliés.
L’interdisciplinarité, Ann Defgnée connaît. Le laboratoire de palynologie, où elle officie sous la direction du Pr. Raymond Brulet (Département d’archéologie), était d’abord situé dans l’Unité de biologie végétale de la Faculté des Sciences. Il vient récemment d’intégrer l’équipe du Pr.Anne-Laure Jacquemart en Faculté d’ingénierie biologique, agronomique et environnementale.

Archéopalynologue, Ann Defgnée est sollicitée lorsque la végétation ancienne suscite l’intérêt sur les chantiers archéologiques de la Région wallonne. Pour le moment, c’est une équipe archéologique française qui la requiert pour sonder un cœur embaumé enterré dans l’église Saint-Jacques de Douai: elle identifie les matières végétales conservées dans le baume, dont de nombreux pollens de plantes odorantes. Une quinzaine d’entre elles ont déjà révélé leur identité : camomille, magnolia, mélilot blanc, anis, cerfeuil musqué, rose,...

Sa thèse de doctorat porte sur l’évolution de la végétation en Meuse moyenne entre la fin de l’Antiquité et le 12e siècle. « Les pollens conservés dans les différentes couches du sol, explique-t-elle, renseignent sur la végétation de l’époque étudiée. » Archéologue de formation, elle s’est spécialisée avec feu le Pr. André-Valentin Munaut, palynologue botaniste de renom.
La palynologie doit beaucoup à l’Université de Louvain, pionnière, voici quarante ans, dans un domaine qui explore toujours de nouveau champs d’application dans un contexte interdisciplinaire. (D.H.)

Photo: un pollen de Melilotus alba ou Melilot blanc.

 

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| 1/08/2008 |