Stressée et florissante

plants de tomates
Une tomate soumise à un stress salin et malgré tout florissante? C’est une première, signée par le groupe de recherche en physiologie végétale.
C’est un fléau : la salinité des surfaces cultivées condamne, chaque année dans le monde, une superficie équivalente au territoire belge. Le Groupe de recherche en physiologie végétale du Pr. Stanley Lutts (GRPV, Faculté des sciences) tente de comprendre comment les plantes, notamment la tomate, surmontent les contraintes de leur environnement. Il étudie en particulier la façon dont certaines hormones peuvent intervenir pour améliorer la résistance de ces plantes. C’est dans ce contexte que Michel Ghanem, chercheur au GRPV, vient de mettre en évidence qu’une plante dont le statut hormonal a été modifié – en induisant l’expression d’un gène au niveau racinaire dans des conditions très précises – réagit de façon remarquable et inattendue lorsqu’elle est soumise à une dose importante de sel. Mieux encore, il apparaît que l'on pourrait utiliser le système racinaire d’une plante modifiée comme porte-greffe, sur lequel on grefferait une tomate non transformée - et donc propre à la consommation - permettant ainsi la culture de tomates sur des terres à forte salinité. Cette découverte a pu être obtenue grâce à la collaboration de chercheurs espagnols, tchèques et américains. Reste à comprendre les mécanismes précis par lesquels l’induction de cette voie métabolique hormonale améliore la réponse de la tomate dans des conditions salines. (D.H.)

Photo : à droite, une tomate transgénique dont le statut hormonal a été modifié tout en étant soumise au stress salin; à gauche, celle qui a été soumise au stress salin et dont le statut hormonal est resté inchangé.

| 23/05/2008 |